MF. Vous me disiez tout à l’heure que vous avez toujours eu le sentiment que les autres vous trouvaient bizarre au point que vous vous êtes demandé à une époque s’ils n’avaient pas raison …
MEC. Oui, depuis tout petit je passe aux yeux des autres pour quelqu’un de bizarre. J’ai commencé dans la bizarrerie quand j’étais enfant avec ce grand amour pour les voix de soprano et j’ai chanté tous les airs que les sopranos interprètent, c’est un comportement un peu curieux pour un petit garçon de 6-7 ans que d’avoir ce besoin, cet amour du chant. Les autres enfants étaient intéressés par le football, moi pas du tout.
MF. Vous évoquez votre enfance et votre amour pour la voix de soprano, il est donc vrai qu’à l'âge de 5 ans vous chantiez avec une voix rayonnante et cristalline le rôle de la Reine de la nuit de La Flûte enchantée de Mozart, à Zagreb, votre ville natale. Comment avez-vous pu interpréter ce rôle si jeune ?
MEC. J’ai auditionné pour cela, oui. Ma mère chantait dans une opérette et, après ce spectacle, j’ai eu tellement envie d’être en scène que j’ai demandé au metteur en scène s’il pouvait m’auditionner dans la foulée. Sur le coup, il a refusé parce qu’il était déjà très tard et puis finalement il a accepté et on a remis un piano sur la scène et j’ai fait l’audition. Il a été très étonné et il m’a proposé de suite de participer à une émission qu’il faisait pour les enfants et qu’il produisait pour la télévision. C’est la première fois que j’ai chanté, j’avais 5 ans. Je n’ai chanté que les coloratures des airs de la Reine de la Nuit, j’étais trop petit pour me souvenir du texte en allemand, je ne parlais pas allemand du tout. Le DVD, que j’ai fait il y a deux ans, propose un reportage d’une heure sur ma carrière, mon parcours, ma vie et on peut y entendre ce premier enregistrement….
MF. Je suppose que c’est un très bon souvenir pour vous ?
MEC. Oui, c’est mon premier souvenir et vous voyez que ce qui était en jeu déjà à cette époque, c’était le plaisir de chanter, j’avais la volonté de parvenir à réaliser ce désir. Mes parents, eux, essayaient de me faire changer d’avis, ils trouvaient que c’était un peu fou, que c’était trop pour moi, mais moi je n’en démordais pas, je voulais à tout prix y arriver et je l’ai fait. (rires)